mercredi, février 28, 2007

Ma cabane au Canada

Elle est en bois rond, dans le fin fond de Saint-Fiaque. Je tends des collets pour me nourrir au lièvre. J'en fais de succulents civets au cari rouge thaïlandais. Les ours viennent me raconter leurs secrets en sirotant un thé au jasmin. Les Indiens sont jaloux des raquettes que je tisse avec de la babiche fraîche. Je leur en fournis en échange d'une coupole satellite et d'une portion de rivière, où je peux pêcher mon saumon. Mon saumon, je le fais fumer au Player's Light (mais pas dans un endroit public) ensuite, je le mange avec des câpres pis de la crème sûre.

Je sais que je fais des jaloux avec ma cabane au Canada. Certains envient ma liberté. Certains envient la quiétude et le confort. Vous avez raison, On me laisse tranquille ici. C'est un endroit propre et tolérant. On aime les vieux (sans marchettes), on aime les bébés (s'ils ne sont pas trop bruyants), on aime toutes les races (exceptées celles des pays "terroristes"), on aime les pauvres (s'ils ne sont pas sur le BS).

Je suis bien ici, mais je ne veux pas me faire écoeurer par personne, alors pour venir me visiter dans ma cabane au Canada, j'ai établi mes règles. Obligation de porter ta tuque en hiver, obligation d'enlever tes lunettes de soleil si tu veux me parler. C'est de même pis si t'es pas content, tu restes chez vous. Mais ça va me faire plaisir que tu viennes me visiter pareil.

Je serai très accueillante et j'accepterai que tu viennes à la chasse avec moi un de ces quatre. Je te prêterai un beau gros fusil. Nous irons nous promener en ville. N'aie pas peur, nous n'irons pas très loin, l'hélicoptère TVA nous repèrera bien assez vite et nous deviendrons des stars instantanées. Nous ferons la couverture des journaux avant d'aller en prison. Mais ne t'en fais pas. Nous continuerons de regarder le câble et nous posséderons Internet haute vitesse quand même. Nous serons confortables dans une autre belle cabane au Canada.

mardi, février 27, 2007

Conjuguer la déception

Je déçois.
J'ai déçu.
J'ai été déçue.
Je décevrai.
Je serai déçue.
Je ne veux pas décevoir.
Je ne pourrai jamais ne pas décevoir.
On me décevra, je m'en remettrai.
Alors, pourquoi j'ai toujours peur de décevoir?

lundi, février 26, 2007

Pat-Éternité

Sur son blog, dans son billet matinal d'aujourd'hui, Patrick Lagacé m'a fait sourire. Il dit qu'il s'en va visiter mon comté natal, la circonscription Dubuc : "(...) J'y vais en partie pour le plaisir de mettre les pieds dans un lieu au nom inimitable et poétique comme Rivière-éternité, certes, mais surtout pour épier une lutte qui s'annonce passionnante (...)"

Pétons-lui sa balloune.

Rivière-Éternité est un village de gros colons. C'est crotté, c'est lette, ça pue le Ski Doo en hiver pis le quatre roues le reste de l'année. En été, on peut voir des Lay-Z-boys sur les galeries défraîchies, sur le bord de l'effondrement. Pis en plusse, leurs habitants sont même pas fins. Pour la coquetterie, on repassera, mais tu verras mon Pat, c'est tellement rustique.

La lutte qui s'annonce passionnante, je peux te l'expliquer grosso modo. L'Anse-Saint-Jean a toujours été un peu plus Libéral que les autres villages à cause des retraités "riches" qui viennent s'installer dans des chalets permanents. J'imagine qu'il se passe un peu la même chose à Saint-Rose. Au risque de passer pour une mini Jacques Parizeau, j'ose avancer que ce sont plusieurs de ces retraités qui font pencher la balance péquiste. That's it. Mêlons les vieilles jalousies villageoises et les commérages à travers tout ça et ça te donne du beau matériel pour ton topo aux Francs Tireurs.

Pathético

Parfois, Chosebine se trouve complètement pathétique d'écrire n'importe quoi sur son écran d'ordi ET d'appuyer sur le bouton "publier". C'est comme ça, ça y pogne de même. Mais elle pèse pareil.

dimanche, février 25, 2007

Jonathan

Jonathan
Rouge arrête
Vert vas-y

vendredi, février 23, 2007

Pourquoi les bébés viennent pleurer chez RB?

Parce que bébé a probablement pleuré durant toute la journée et que parents n'en peuvent plus. Parce qu'ils désirent s'offrir une petite heure juste pour eux, question de se changer un peu les idées. Parce qu'une sortie à l'extérieur devient essentielle, mais parce qu'ils n'ont pas trouvé de gardienne. Parce que dehors, on y est allés pis on est déjà revenu. Parce que chez RB ou Archambault, il y a de quoi nourrir le cerveau de chacun, en tout cas, pas mal plus qu'au Dollarama ou au McDo. Et pour toutes ces raisons, oui, ils le savent qu'ils casseront les oreilles des commis ou des autres clients, mais ils se disent que c'est pour leur survie mentale.

Parce que oui, ça arrive des journées comme ça. Parce oui, bébé apporte une joie immense à ses parents. Mais la vie heureuse n'est pas constituée d'arcs-en-ciel, de coeurs et de papillons en suspension partout partout dans les airs. Pis pour passer à travers tout ça, parents ont besoin d'un bon livre à mettre sur leur table de chevet, mais ils n'auront probablement jamais le temps de le finir.

jeudi, février 22, 2007

J'y pense et puis j'oublie

Je veux donner du sang.
Je veux retourner à New York.
Je devrais utiliser des couches lavables.
Je dois renouveller mon permis temporaire.
Je devrais prendre un rendez-vous à la clinique médicale.
Je devrais prendre un rendez-vous chez le dentiste.
Je voudrais aller porter des CV ailleurs.
Je veux me coucher plus tôt.
Je vais fermer l'ordi.

mardi, février 20, 2007

C'était le party dans nos bouches

Shebam! Pow! Cheez! Whiz!
On l'a tartiné sur notre pain tranché quotidien.
Nos cerveaux en portent aujourd'hui les séquelles.
Mais au moins, on a acquis de la personnalité...
...personnalité, personnalité
Cheez Whiz donne
de la personnalité!

Ça rend Froot Loops!

Je fais des grosses bulles, je joue au sous-marin


J'aime bien cette photo prise par mon chéri il y a quelques temps déjà. C'est sur cette photo que je me trouve le plus potable. Elle me remonte le moral quand je dépresse et que je me trouve la plus lette au monde.
Assez d'auto-contemplation. J'ai sorti cette photo pour déclarer mon amour à celle qui m'offre un refuge à chaque fin de journée. Ma baignoire. Que ferais-je sans toi? Tu es petite, vieille et grise, mais je t'aime. Je t'aime parce que tu me donnes l'occasion de me retrouver toute seule avec mon moi-même. Je t'aime parce que tu m'enveloppes de chaleur. Je sais, cette chaleur favorise l'apparition de varices et aggrave la couperose, mais je m'en fous. J'aime voir la vapeur s'échapper de mes jambes et de mes bras à la lueur de la chandelle lorsque je te quitte. Je t'aime pleine de mousse. J'aime aussi te partager avec mon fils. Ensemble, à l'intérieur de toi, je deviens un véritable cobaye. Son petit index entre dans mon nombril, sa petite main tapote mon ventre mou et le fait onduler comme des vagues. Je mouille ses cheveux, le taquine avec la débarbouillete. Tout ça, devant le regard doux mon amoureux, son papa. Baignoire, je t'aime. Merci pour tout.



lundi, février 19, 2007

Toute nue dans la rue

Donnez-moi une cagoule et demandez-moi d'aller marcher sur la rue Saint-Jean en bobettes. Ça ne me dérangera pas une miette. Il se peut même que je me mette à faire des pirouttes, que je me dandine et que je fasse vraiment la nounoune. Bref, je vais devenir complètement willing.

Enlevez-moi la cagoule. Vais-je autant me dandiner sur la place publique? Non. Je vais courir me cacher en espérant que personne ne m'ait reconnue.

C'est le danger de l'écriture anonyme. N'importe qui peut se permettre de dire des conneries sans réfléchir. Je fais partie de cette gang masquée sous pseudonymes. Je me dis que tant que mes conneries demeurent anodines et superficielles, il n'y a pas de mal.

J'ai un problème avec ceux qui règlent leurs comptes en se cachant. Je ne devrais pas leur accorder autant d'importance, mais c'est plus fort que moi. Je les déteste parce qu'ils sont de grotesques miroirs. Ils me dérangent parce qu'ils me renvoient en pleine face ce que parfois je suis tentée de faire.

dimanche, février 18, 2007

Cher Gregory


Hier, samedi, vers 17h30, durant son émission à Radio-Canada, Gregory Charles commentait les chansons de Boule Noire : "bon, c'était pas du Verlaine, on va dire... "

On veut pas te faire de peine, cher Gregory, mais on va dire que tes chansons à toi ne le sont pas plus!

vendredi, février 16, 2007

Perdue dans la translation

Poche en mathématiques. Completely pocket. Les translations, les rotations, les réflexions, okay, peut-être ça allait. Après tout, la géométrie, il fallait quand même dessiner et ça, I liked it. Plus tard arrivèrent les fractions, les décimales, les centièmes, les millièmes, l'infini puissance vingt. Ouf! Les nombres entiers, naturels, négatifs. I had to stay positive. Les paraboles, les hyperboles, les ellipses. L'axe des x et des y, l'origine et l'orientation. L'algèbre, la valeur de a, de b, de c. Le théorème de Pythagore a2 + b2 = c2. Les sinus, les cosinus, les tangeantes. Completely lost with the mathematics. Mais au moins, I passed my 536 with sixty one percent. And believe me, c'était tout un exploit!

jeudi, février 15, 2007

On est tous des bibittes


On est bien peu de choses dans tout cet univers. Si petits, si seuls, mais tellement destructeurs. Des parasites inconscients qui vont bouffer tout ce qu'il y a de bouffable. Des parasites dotés de sentiments, capables d'aimer et d'haïr, capables de bonté et de cruauté. On des tous des bibittes, des poussières minuscules dans tout cet infini.

Veaux de lait


Daniel Pinard serait scandalisé. À nous trois, chaque semaine, nous consommons environ douze litres de lait. 4 litres de trois point vingt-cinq pour l'héritier, huit litres à un pourcent pour ses géniteurs. Il arrive même que l'on doive retourner en chercher pour l'héritier durant la semaine. Le lait, ça nous plaît.

mardi, février 13, 2007

Un deuxième incroyable défi


Ce soir, j'ai demandé à mon chum s'il voudrait que mes &%?& */%?& soient glow-in-the-dark. Il m'a répondu qu'il aimerait mieux que ce soit mon *?/%?$%"?*&$/ parce que ce serait plus facile pour lui. Et puis, il m'a demandé si j'étais game d'en parler sur mon blog. J'ai rougi comme une novice sur le point de prononcer ses voeux. Je lui ai dit non. Mais comme j'ai bien du mal à refuser quoique ce soit, j'ai trouvé un compromis.

L'incroyable défi

Hier soir, pendant que je préparais des nouilles, mon chum m'a demandé si j'aimerais ça que son pénis soit glow-in-the-dark. Après une petite réflexion, j'en suis venue à la conclusion que ça ne me dérangerait pas. Et puis, il m'a demandé si j'étais game d'écrire ça dans mon blog. Je lui ai répondu oui.

lundi, février 12, 2007

Tears for breasts


Les infirmières avaient approché le papa en premier afin de s'y rendre doucement à l'évidence, mais quand Chosebine a compris qu'elle n'arriverait jamais à donner le sein à son bébé, ça été un véritable choc psychologique. Elle a passé en revue tous les échecs de sa vie et elle a pleuré longtemps longtemps longtemps. Elle s'en voulait de ne pas être capable de donner le meilleur à sa plus belle réussite. Le biberon qu'elle s'apprêtait à lui donner était un autre symbole d'échec. Elle avait l'impression d'abandonner tout effort et de ne penser, une fois de plus, qu'à son bien-être à elle en premier.

samedi, février 10, 2007

Des silences inquiétants

Des fois, quand on est mal à l'aise, on se tait.
Y'a d'autres fois, quand on est vraiment fâché, on se tait.
Y'a des fois où on parle pour rien. Dans ce temps-là, on est aussi bien de se taire.

vendredi, février 09, 2007

Ce serait cool...


* De pouvoir sauter super haut dans les airs comme la femme bionique et d'entendre en même temps le même petit son (te-te-te-te-te-te...)
* De jouer de la guitare les yeux fermés, la tête un peu penchée sur le côté, en faisant une moue avec les lèvres.
* De pouvoir fumer tranquille, sans que la santé de personne ne soit en danger et sans se faire dire "pouah, tu pues" ou "quoi, tu fumes encore?"
* De pouvoir se téléporter.
* De pouvoir être invisible de temps en temps.
* D'écouter la tivi dans un bain tourbillon tout chaud.
* De pouvoir marcher nu-pieds tout le temps, sans geler.
* D'avoir une piscine intérieure pis faire des bombes en me levant le matin.

mercredi, février 07, 2007

Des illusions?

À force de se demander quelle brique va tomber, est-ce que ça se pourrait qu'on ait peur de bâtir du solide? À force d'avoir peur de tomber, est-ce ça se pourrait qu'on ait peur de marcher?

Tout s'arrêtera un jour.
Peut-être plus tôt. Mais aussi, peut-être plus tard.

Cré chose...

Chosebine trouve qui fait frette. Dans six mois, elle va chiâler qui fait trop chaud. Je la connais.

mardi, février 06, 2007

Les rideaux brûlent et MSN est sur les cafetières

Depuis que j'ai découvert que les plinthes de mon salon avaient (un peu) brûlé le bas des rideaux, j'ai peur. Je rêve la nuit que ceux de Loïc brûlent, avec toute la catastrophe qui s'en suit. J'ai beau avoir vérifié cent fois, j'ai beau les faire tenir loin, ça m'empêche de dormir tranquille. Je dois ABSOLUMENT me procurer des épingles pour les rapetisser...

Tout le monde fait des rêves bizarres. Moitou. Parfois, je peux me souvenir des détails minuscules. Cette nuit, j'ai rêvé qu'on pouvait transposer nos listes de contacts MSN sur nos cafetières (!). Au lieu de lire le nombre de tasses, on pouvait lire le nom des contacts. J'ai même pu changer mon pseudonyme habituel pour celui, très original, de Couleur café. C'tu assez niaiseux?

Ça veut-t-y dire que je dois inviter tous mes contacts à venir boire un café chez-nous? Hummmm, paranormal insolite expérimentallllll...

lundi, février 05, 2007

Le front lisse

Je ne serai jamais une grande gueule. Je ne comprends pas assez ce qui se passe dans le monde pour dénoncer quoique ce soit. Sûrement par paresse, je ne m'informe pas assez. J'admire les gens qui le font et qui prennent position, éclairés par leur savoir et leurs connaissances. J'admire les gens qui n'ont pas peur de leurs convictions. Je ne parle pas de ceux qui chiâlent à qui mieux mieux. J'admire ceux qui prennent la peine de réfléchir à ce qu'ils vont dire. J'admire leur rigueur, la grosseur de leur couilles. J'admire ceux qui signent et qui prennent la responsabilité de leurs paroles. Jamais je n'aurais le guts d'effaroucher des patrons, des hauts dirigeants, des présidents. Jamais je ne risquerais un affrontement. Pissoue que je suis, je me liquéfierais sur place.

Et si je me cachais dans un anonymat subversif? Je me sentirais terroriste.

Je n'irai jamais au front, même masquée : j'ai trop peur des poques.


dimanche, février 04, 2007

Zone de vents et autres snobinardises

Le sel sur ma table n'est pas que du futil sel de table iodé. J'ai de la fleur de sel, du sel de mer tout gris et du gros sel.

Le couscous que je cuisine ne peut pas être un couscous normal et bien ordinaire. Il se doit d'être royal.

On mange des chips achetées au Corneau et Cantin. On mange de la fleur d'ail et on ramasse notre argent pour se payer des bouffes à 300$

On n'écoute pas n'importe quoi chez nous : que de la musique inconnue du grand public. Et si ça devient populaire, on se pète les bretelles en disant "Ah, ça fait longtemps qu'on connait ça!" Ensuite, on plisse du nez et on remise le CD...

Mon Loïc n'est pas qu'un bébé parmi tous les autres : il est le plus beau, le plus fin, le plus brillant. Ben quoi, il est tellement avancé pour son âge!

Non, je n'ai jamais jeté un coup d'oeil au Banquier, pas plus qu'à Loft Story.

Non, je ne mets jamais les pieds dans un vulgaire Walmarde, pas plus qu'au Costco.

Je ne sais pas du tout que de beaux chandails fabriqués au Canada se vendent là-bas à quinze piasses.

Je suis très fluente en anglais, c'est pourquoi je n'écoute que les versions originales des films et des séries tournés dans cette langue.

Les sous-titres ne me sont d'aucune utilité. Je ne vois pas pourquoi je les mets tout le temps.

Vantarde, snob et quelques fois un peu brouteuse, jamais je ne le serai. Je suis bien mieux que ça, voyons!

jeudi, février 01, 2007

Le mélanome bin fin

En septembre 2000, on a diagnostiqué à Chosebine un mélanome malin. Un cancer de la peau. C'était le jour de son 23e anniversaire et elle a eu très peur. Ça duré trois mois et, finalement, tout s'est très bien déroulé. Elle est retournée à sa vie normale, mais tout avait changé. Elle travaillait alors pour un traiteur de merde, pas fin pantoute. Ils l'ont fait souvent pleurer avec leurs paroles méchantes et l'ont même menacée de la foutre à la porte en l'accusant à tort d'une faute commise par la patronne. Quand elle est revenue au travail après son congé de maladie, ils avaient tous changé. Ils étaient devenus gentils. Ça l'a dégoûtée et elle est partie.