mercredi, octobre 25, 2006

Je l'aime, je l'haïs


Je l'aime pour son ouverture d'esprit. Pour la liberté qu'elle m'a donnée. Pour la drive qu'elle a. Pour l'accueil tranquille qu'elle m'a réservé. Pour sa culture. Pour son rythme effréné. Parce qu'elle est différente. Parce qu'elle m'a fait vivre toutes sortes d'émotions. Parce qu'elle a transformé la villageoise que j'étais. J'en suis tombée amoureuse petit à petit, à force de vivre en elle.

Je l'aime pour ses parcs. Pour ses pistes cyclables qui l'entourent. Pour la sympathique Saint-Denis, la snob Saint-Laurent, la laide Sainte-Cat. Pour son métro tout bleu que je trouve donc qu'il sent bon. Pour les files d'attentes polies en attendant l'autobus. Pour les ruelles où se côtoient des enfants multicolores. Pour la cacophonie de toutes ces langues étrangères qu'on entend tous les jours. Pour la gare centrale, mon endroit préféré. Pour les arbres géants, qui cohabitent avec les logements en rangées. Pour le marché Jean-Talon. Pour l'Ex-centris. Pour Frite Alors!

Après quelques années de passion, je me suis surprise à la détester. À cause de sa froideur, de son indifférence, du chacun pour soi. À cause du "fast-foot", où les pieds s'entrechoquent à vouloir toujours marcher plus vite. À cause des soupirs exaspérés de ses habitants. Je l'ai haïe pour son urgence de vivre. De mal vivre. J'en suis venue à prendre ses plis. Je suis devenue égoïste et agressive. Impitoyablement impatiente. Grise et morose.

Je l'ai peut-être trop aimée, elle m'a blessée. J'ai fini par m'en aller. J'ai eu de la peine. Maintenant, je suis guérie.

Aujourd'hui, je retourne à Montréal comme-ci je revoyais une ancienne flamme: contente de savoir ce qu'elle est devenue, mais soulagée de l'avoir enfin quittée.

6 Comments:

Anonymous Anonyme said...

Je ne crois pas que je pourrais y vivre.

10:15 a.m., octobre 26, 2006  
Anonymous Anonyme said...

...Je suis trop confortable dans mon grand villââge.

10:16 a.m., octobre 26, 2006  
Blogger Lolco7 said...

Ça m'a pris deux ans avant d'y être à l'aise. Je venais d'un villââââge beaucoup plus creux que le tien.

D'ailleurs, Québec, c'est pas si villââââge que ça ;-) C'est "homogène" dans le bon sens: vous êtes tous en général ouverts d'esprit et accueillants. Ça, même à L'Anse ou à Chicoutimi, on voit pas ça!

10:51 a.m., octobre 26, 2006  
Anonymous Anonyme said...

Je parlais de Charny, mais je pensais aussi à Québec en écrivant ces lignes.

8:27 p.m., octobre 26, 2006  
Anonymous Anonyme said...

Hé! Tite-Meuman! Je découvre enfin ton refuge! Moi aussi je suis fascinée et dégoutée par cette grosse flaque grise qui gobe tous mes amis. Je ne veux jamais aller y habiter...

11:32 p.m., octobre 30, 2006  
Blogger Lolco7 said...

J'y suis présentement et je le confirme : je ne suis plus amoureuse de cette ville.
Je me suis par contre réconcilliée avec ses habitants. Ils sont très galants avec les tites-meumans en pousse-pousse ;-)

5:30 p.m., novembre 01, 2006  

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