jeudi, avril 05, 2007

Broue!

À 18 ans, j'ai été serveuse au petit bar de mon village. Je travaillais le samedi, de midi à neuf heures. C'était une vraie taverne. Voici ce que j'ai retenu.

* "Crime, t'es donc bin gênée, toé! Viens t'assire a'ec nous zôôôôôôôtres! "

* N'homme buvait des grosses Molson Ex. Je n'ai détecté qu'une seule dent dans sa bouche. La canine gauche d'en bas.

* Quenouille buvait de la Laurentide avec un verre d'eau rincé bin frette. Après environ six bières, il shakait Parkinson. Il fallait alors lui donner de l'eau et tout rentrait dans l'ordre. Ça me faisait peur au boutte.

* L'autre Quenouille buvait des grosses Bud. Je le trouvais un peu fucké au début, mais il était bin correct.

* Donat G. buvait de la vodka 7-up. Quand il était cassé, il mettait ça sur son bill, ce qui lui évitait de tiper.

* Grégo commandait tout le temps plusieurs môzusses de B-52 (un shooter à trois boissons étagées, difficiles à réussir durant un rush). Il riait comme un débile et Steven, une fois, a songé très sérieusement lui casser une chaise sur le dos.

* StiCôté faisait semblant d'être soul avec sa p'tite Bud. Son père Olivier ne buvait pas : il jouait aux machines, espérant de faire "sortir les cloches".

* Guy buvait de la grosse Bleue, Marcel C. buvait souvent des ponces de gin, Caplan buvait de L'Illégal.

* Marcel H. buvait du café, que je ne lui faisais pas payer. Il allait souvent reconduire tous ces joyeux lurons.

* Louis-Marie buvait du Tia-Maria au lait. Le drink laissait sa laine d'acier en guise de barbe toute trempée. Il disait que j'avais que j'avais une belle aura et essayait de donner des becs de Tia-Maria sur ma main. Yeurk!

* J'avais horreur de voir entrer Pèteux au bar: il était triste à voir, mais il choquait en même temps. Sa façon de ressasser tous ses malheurs donnait envie de lui crier fort dans son cerveau : "Remue-toi, câlisse!!!!". Sa journée de beuverie se terminait toujours par un match de boxe avec lui-même sur la piste de danse. Inévitablement, un des miroirs se retrouvait cassé et il fallait essuyer le sang.



Après un an de service, j'ai lâché la psycho à l'université.

5 Comments:

Anonymous Anonyme said...

Et ben dites donc vous chose,c'est du parcours ca,hum j'peux ben allez me r'habillez moi qui a travaillez dans une caféteria d'une usine au cap,ouais..m'dame

10:36 a.m., avril 05, 2007  
Anonymous Anonyme said...

Une caféteria d'usine au cap (d'acide), c'est la grande classe aussi, ça, Choupette!

Je t'offre une grosse Wildcat et on se remémore des souvenirs?

3:04 p.m., avril 05, 2007  
Anonymous Anonyme said...

Je vais prendre un vrai bière d'ado qui s'laisse vomir, la grosse Bull Max.

4:50 p.m., avril 05, 2007  
Anonymous Anonyme said...

A l'essence quelle bar merveilleux, j'ai quand meme passé de belles soirées là-bas avec la table de poules ben trop grosse pour la place, je me rappel aussi très bien l'odeur de vieilles cigarettes refroidi, de fond de tonne et de parfum cheep que devait porter ces monsieurs d'une élégance rare.

9:45 p.m., avril 05, 2007  
Anonymous Anonyme said...

J'aimais bien laver les verres avec les brosses qui roulent dans l'eau savonneuse. Ça chatouilait.

6:15 p.m., avril 06, 2007  

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